Zodiac Writing Challenge

Avec l’arrivée des bonnes résolutions, vient aussi un nouveau challenge. Le but est de choisir parmi quatre thème pour écrire une nouvelle par mois. Le texte sera court, puisque limité à 3’000 signes.

Je vous partage aujourd’hui la première de ces nouvelles, sur le thème errance :

Astrid avançait lentement. Elle leva les yeux : les nuages bas et lourds annonçaient les précipitations à venir. Elle frissonna et resserra sa fourrure autour de ses épaules. Elle marchait déjà depuis plus d’une semaine. La fumée qui stagnait au-dessus de son village avait enfin disparu, l’incendie avait du s’éteindre avec les pluies verglaçantes des deux derniers jours. Devant elle, la plaine brune et morne s’étirait jusqu’aux montagnes du Nord. A l’Ouest, le soleil entamait sa descente et Astrid décida de monter son campement. Elle choisit un sapin assez dense pour être à l’abri et tendit sa toile entre se branche. Une fois sa paillasse déroulée sur un lit d’épines, elle s’activa pour allumer un feu et préparer son chaudron de cuivre. Elle aimait entendre l’eau bouillir, voir les herbes médicinales danser dans les bouillon et lui donner sa couleur verte. Elle ajouta des champignons et bu à petites gorgées.

Les effets ne se firent pas attendre : la forêt tourbillonna et ses yeux se révulsèrent. Dans sa transe, elle se vit voler vers les montagnes. Elle se heurta à un mur, revint soudain dans la forêt, l’esprit assommé par la force du choc. Le voyage lui avait ôté toute son énergie, mais elle savait à présent où se trouvaient ses enfants, enlevé par les incendiaires de son village. Les souvenirs de ce jour la hantaient encore : les pillards, venus du Nord. Les cris, le sang, la boue. La peur surtout. Celle qui l’avait prise aux tripes et torturé le ventre. Celle qui l’avait poussée à s’en aller, à se cacher, à regarder ses enfants se faire emporter.

Courageusement, elle se mit en marche. La grande plaine l’attendait. Durant des jours, elle avança, un pas après l’autre. Le froid l’engourdissait, la faim lui tenaillait l’estomac, mais elle avançait. Les montagnes semblaient toujours aussi lointaines, mais Astrid continuait sa route, encore et encore. Seule la perspective de revoir ses enfants la tenait debout.

Après un cycle lunaire de marche et d’efforts, les montagnes ne s’étaient toujours pas rapprochées. La plaine s’étalait, toujours aussi longue. Astrid marchait encore, condamnée à errer dans l’immensité glacée du Niffelheim.

 

N’hésitez pas à rejoindre les autres auteurs de ce challenge sur le forum du challenge ainsi que sur leur page facebook. Il est possible de commencer le défi à tout moment !

Une nouvelle route à tracer

IMG_20191229_142759Le temps des bilans et des nouvelles résolutions est arrivé, on a bu du champagne et lancé des cotillons et, avec les jours qui rallongent, la Terre est sur le chemin du printemps.

Pour moi, 2019 a été une année de découverte et de (re)commencements : un deuxième bébé tout d’abord, né fin 2018, et durant mon congé maternité, l’envie de me remettre à écrire.

Par hasard – ou destin…-  la lecture d’un article à propos d’un auteur qui s’est auto-édité via les services d’un géant bien connu dans la vente en ligne, m’a emportée vers une liste d’appels à textes. S’en est suivi la publication de ma nouvelle « L’Herbier » dans « Le Grimoire ». Encore merci aux « Filles de Gyptis éditions » pour leur travail, leur confiance et leur aide. J’ai découvert le plaisir de travailler mon texte, de publier, de rencontrer des lecteurs.

J’ai aussi décidé de terminer ce roman commencé il y a bien dix ans, il est en cours de réécriture et j’espère pouvoir vous en donner bientôt des nouvelles.

C’est donc avec joie que je m’engage sur la route de 2020 et j’espère que votre chemin sera aussi lumineux et fabuleux que possible !

Camille R.

 

Défi de novembre

Le mois d’octobre touche à sa fin. J’ai écrit un peu tous les jours, sans forcément suivre les thèmes du writober, finalement. Les textes que j’ai écrits se trouvent dans la catégorie « Writober 2019 ». 

Pour le mois de novembre, je me prépare à un nouveau défi, celui du NaNoWriMo, que j’ai découvert en suivant le blog « Mécanismes d’histoires ». L’idée est d’écrire 50000 mots sur un mois. Pour ce faire, je vais passer la plateforme Scribook, qui propose aussi un concours.

Quand au roman que j’avais en cours, il est terminé et en main de maisons d’éditions. Je profiterai donc du NaNo pour en démarrer un autre, inspiré de la nouvelle « Le clan de la Lune ».

Writober #21 – Trésor

Luc s’assit confortablement dans le vieux fauteuil. Le grenier sentait le cuir et la poussière. La pluie de cet après-midi d’automne jouait sa musique monotone sur les tuiles du toit. La lumière diffusée par l’unique lampe donnait à la pièce un petit air irréel. Le garçon déplia soigneusement le papier épais qu’il venait de découvrir. Du haut de ses dix ans, il eut un peu de peine à déchiffre la calligraphie soignée de son arrière-grand-père, toute en boucles et en arabesques. Après quelques mots, la lecture se fit plus aisée :

« A celui, ou celle, qui lira cette lettre. J’ai caché, il y a quelques années, une boîte de fer blanc, quelque part dans mon jardin. Celui qui la trouvera découvrira le bonheur et la richesse. »

Luc ne se fit pas prier. Suivant les indications données avec la lettre, il courut dans la vieille cabane à outils. L’obscurité y cachait des familles entières d’araignées et autres bestioles. Les vieux outils, mangés par la rouille lui semblaient autant de soldats prêts à défendre leurs terres. Selon le plan, il devait se rendre tout au fond de la remise, pour découvrir la boîte. Elle n’était même pas vraiment cachée, si ce n’est par une épaisse couche de poussière. Luc souffla. Toussa. Ses poumons, déjà fortement abîmés par l’air vicié de la capitale ne lui permettaient aucun écart au rythme respiratoire imposé par sa puce O2. Il cligna des yeux. Le zoom intégré à ses lunettes agrandit l’image du couvercle, sur lequel il put lire « Graines du potager », écrit à la main sur une étiquette de papier. Intrigué, il ouvrit la boîte. C’était donc cela le trésor ? De minuscules objets, empaquetés dans des sachets en papier étiquetés ? Pas de métal précieux, pas de pilule-repas, ni aucun câblage ou puce de longue vie… Son attention se porta sur un livret, tombé à ses pieds. Le garçon enclencha le mode lecture-rapide et fit défiler les pages du manuel. Les instructions contenues à l’intérieur furent enregistrées sur sa carte mémoire intégrée à son cortex. Cela parlait de végétation, d’arrosage, d’ensoleillement. Il dut demander à son moteur de recherche ce que signifiait tout ces mots. Après quelques minutes, il comprit comment ces petites graines deviendraient le trésor de l’humanité 3.0 : en faisant pousser ces végétaux, il pourrait à lui seul régler le problème du climat trop chaud, de l’air irrespirable et du manque de pilule-repas.

Il sortit, et, sous la surveillance de la caméra de ses parents, il plongea ses mains dans la terre sèche.

Camille Roh

Writober #17 – Ornements

Des roses qui s’entremêlent, de petites choses qui donnent des ailes. Au bout du crayon, ma mine tourne en rond. Je dessine et je mime une frise dans la marge.

Sur ma page, blanche au départ, des gribouillages font bande à part.

Arabesques, nœuds celtiques, motifs uniques, le cours est terminé et tout ce que j’ai noté est ce que j’ai décoré.

 

Camille R.

Writober #14 – Envahi par les mauvaises herbes

C’est une toute petite maison, à peine une cabane. Elle abrite un homme, certains le disent fou. Lui est persuadé d’être un sage, sûr de son chemin. Il passe ses journées dans son jardin. Les autres disent qu’il y travaille, mais non. Il prend son temps, il observe. Sa parcelle est verte, le lierre folâtre avec de jeunes tomates, sous l’œil attentif d’un basilic naissant. Les pissenlits ont laissé leur habit jaune soleil pour enfiler une tenue neigeuse, dont les graines seront éparpillées au prochain coup de vent. Près des murs, la chélidoine déploie déjà ses fleurs jaunes, protégeant les fraisiers du soleil. Si les framboisiers semblent encore les maîtres de leur domaine, ils seront bientôt rejoints par le myosotis, garant de l’absence de parasite. Au Nord, la toute jeune menthe exhale son odeur fraîche d’été.

L’homme ne fait rien, il observe, la douceur et la fierté dans son regard. Chez lui, plantes sauvages et grandes habituées des jardins cohabitent, en une harmonie verte qui célèbre ce printemps naissant.

Camille R.

Writober #12 – Dragon

Une bête de feu, immense comme la montagne qui l’héberge. Elle dort. Dans la grotte, résonne son doux ronflement. De ses naseaux dilatés s’échappe une légère fumée grise. Tout semble calme et serein, mais attention ! Un léger bruissement, une main qui la frôle et la bête se réveille. La colère gronde puis explose dans un geyser de feu.

Ouvrant ses ailes, le dragon jaillit de sa cachette, détruisant tout sur son passage. Puis elle se recouche, apaisée, dans l’attente d’un prochain éclat.

Ainsi est la colère, lovée au cœur de l’Humain. Puissante, destructrice, mais parfois aussi apaisante.

Camille Roh